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mercredi 24 novembre 2021

Soirée de lancement revue Billebaude n°19 "ARCHITECTURES ANIMALES" au Musée de la Chasse et de la Nature à Paris

 Que comprenons-nous de la manière dont les animaux vivent en observant leurs architectures ? Ce numéro se penche sur les habitats des castors, des termites, des républicains sociaux ou encore des vers de terre, en étudiant la diversité de leurs formes et de leurs fonctions. La question de l’architecture est liée à celle de l’art et de la technique et invite spontanément à l’analogie entre les constructions humaines et animales. Mais ce numéro cherche à penser les architectures du point de vue des animaux, en invitant à une réflexion sur les manières d’habiter et de cohabiter. Avec des contributrices et contributeurs d’horizons divers, nous reviendrons sur la démarche éditoriale de la revue au croisement de la recherche, de l’art et du terrain et sur les enjeux de réflexivité critique et de composition entre disciplines pour parvenir à une forme éditoriale susceptible de raviver une sensibilité informée aux autres vivants. 

Musée de la chasse et de la nature
62, rue des Archives
75003 Paris
mercredi 24 novembre 2021, 19h30


N°19 Architectures animales

Ce numéro se penche sur les habitats des castors, des termites, des républicains sociaux ou encore des vers de terre, en étudiant la diversité de leurs formes et de leurs fonctions. Que comprenons-nous de la manière dont les animaux vivent en observant leurs architectures ? Comment sommes-nous capables de créer, en les imitant, des conditions d’hospitalité pour la faune sauvage ?

La question de l’architecture est liée à celle de l’art et de la technique et invite spontanément à l’analogie entre constructions humaines et non-humaines. Mais nous chercherons ici à penser les architectures du point de vue des animaux, en invitant à une réflexion sur les manières d’habiter et de cohabiter.

Ce numéro s’intéresse à ce que les constructions animales nous disent de leurs manières de vivre, en famille, en société élargie et avec d’autres cohabitants, humains compris. Nous tentons de restituer, par l’éthologie, la biologie de l’évolution, l’observation naturaliste ou encore la littérature, la vie sociale et domestique des castors, des abeilles, des termites, des hirondelles, des vers de terre ou celle d’une couleuvre dans le cellier d’une maison.

Enfin, ce numéro s’intéresse aux dispositifs artificiels - nichoirs, gîtes, hôtels à insectes, etc. – dans le contexte de projets de conservation ou d’espaces agricoles. Partant de l’échelle de ces dispositifs artificiels et d’une réflexion sur leur conception, le numéro cherche à élargir la focale pour proposer une réflexion sur les conditions d’une hospitalité pour la faune sauvage dans des milieux dégradés.

— APERÇU du numéro 19 — 
« Il y a peu d'organismes vivants connus actuellement capables de développer des diversités de colonies autant que les coraux ont su le faire. C'est là où l'architecture, la forme, est fondamentale »
'Le refuge crépusculaire', dialogue entre Michel Pichon, taxonomiste et spécialiste d’écologie marine, et Noémie Sauve, artiste dont nous publions une série de dessins issus d’une résidence à bord de la goélette scientifique Tara (Fondation Tara Océan), consacrée à l’étude de la biodiversité des récifs coralliens⤵
TOUTES LES ESPÈCES SONT AMENÉES À DISPARAÎTRE UN JOUR
Noémie Sauve, 2020
Dessin en exosquelette de cuivre, brou de noix, crayon et stylo bic 
48 × 62 cm
Photo © Katrin Backes ⤵

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Retrouvez 🕸Architectures animales🕸 chez vos libraires : https://www.placedeslibraires.fr/.../9782344050422.../
Un grand merci à tous nos contributeurs !
Raphaël Abrille, François Azambourg, Guillaume Barbareau, Richard Barnes, Sébastien Blache, Pauline Briand, Clara Claus, Philippe Cognée, Bruno Corbara, Diego Delso, Aganetha Dyck, Richard Dyck, Sophie Fernandez, Christine Germain-Donnat, Eva Jospin, Petra Kaczensky, Erick Lundgren, Michael Lundgren, Baptiste Morizot, Gaëlle Lepage, Michel Pichon, Élise Rigot, Noémie Sauve, Anne Simon, Charles Stépanoff, Lucienne Strivay, Cole Swanson, Francis Tabouret, Geoffroy de la Tullaye, John Wolseley

samedi 2 octobre 2021

Cité des Sciences /// Paris

J'interviendrai le samedi 16 octobre 2021 à la Cité des sciences à l'occasion du Village des Initiatives étudiantes pour l'environnement.

14h:Noémie Sauve
15h30:Virginie Maris
17h: Davide Faranda 
mais aussi des tables rondes et un concert de Nicolas Le Bras. 
Merci à Laurent Desse pour l’ invitation.

3 tables-exposition d'une sélection de mes pièces accompagneront l'événement. 
Cette installation sera visible tout le mois d'octobre à la bibliothèque de la Cité des Sciences.







dimanche 15 août 2021

OUVRAGES, FANTASMER LE MONDE /// Coco Velten /// Marseille 2021


Projet art & science proposé dans le cadre de la saison culturelle pour la biodiversité VIVANT 2020, pendant le Congrès Mondial de la Nature de l’UICN à Marseille.

Quelles hypothèses et méthodes sommes-nous contraints d’échafauder pour approcher le territoire qui nous entoure ? « Ouvrages, fantasmer le monde » est une rencontre entre des protocoles scientifiques et des méthodologies artistiques, qui permet de faire émerger une nouvelle complexité dans les diverses explorations de notre environnement. L’objectif initial de ce projet est de penser l’ouvrage, le « faire » comme un lien entre l’atelier, le terrain (et les spécialistes de ce terrain) et la production artistique qui, in fine, dynamise infiniment cette boucle d’échanges écologiques (entendu ici comme l’ effet du tout sur le tout). Notamment en partant du principe que l’écologie n’est pas seulement une affaire de nature, mais aussi de société. Deux ans plus tard, les Ouvrages se divisent en récits racontés et en expérience physiques, la plupart seront seulement présentés comme des projets en suspens, imprimés sur un dossier de presse qui a tenté de survivre aux aléas de la pandémie actuelle tout en se questionnant lui-même.

Du 7 au 16 septembre 2021.
Temps fort samedi 11 septembre de 14h à 21h30 avec une présentation du projet à 18h dans la Halle de Coco Velten par l’artiste Noémie Sauve qui a co-initié ce projet avec Ada Yu et Aymée Darblay en 2019.


L’exposition Ouvrages, fantasmer le monde est en cours de modification suite aux nouvelles dates du Congrès Mondiale de la Nature qui se tiendra du 3 au 11 septembre 2021.

Ouvrage (subs.masc) :
1. Action de mettre (quelque chose) en œuvre, de travailler
2. Travailler de bon cœur, avec ardeur
3. Tâche qui demande principalement du temps et de la constance

Quelles hypothèses et méthodes sommes-nous contraints d’échafauder pour approcher le territoire qui nous entoure ? La rencontre entre les protocoles scientifiques et les méthodologies artistiques permet de faire émerger une nouvelle complexité dans les diverses explorations de notre environnement. Les ouvrages se construisent avec ardeur, pas de dissection ici, mais des passerelles où s’interpénètrent des forces vivantes toutes reliées les unes aux autres.

Ouvrages, fantasmer le monde  est une exposition de projets artistiques qui interrogent les « liens écologiques » dans le sens de « l’effet du tout sur le tout ». Ces projets sont accompagnés par divers acteurs, scientifiques ou experts, qui seront invités à intervenir durant la période de l’exposition.

Ouvrages, fantasmer le monde est une présentation collective de travaux artistiques réunis dans le cadre de VIVANT 2020 ; Saison culturelle pour la Biodiversité pendant l’année du Congrès Mondial de la Nature de l’UICN. Cette proposition est hébergée par les deux sites Coco Velten et Foresta à Marseille qui sont des projets initiés par Yes We Camp qui depuis 2013, met place des processus de transformation d’espaces définis en micro-territoires ouverts, généreux et créatifs.

Avec la participation des artistes et collectifs: Katrin Backes & Sylvain Tanquerel, Thierry Boutonnier, Ayme Darblay, Sylvain Gouraud, Alex Mira, Eve Pietruschi, Antoine Perez, Noémie Sauve, Thomas Savelli, Peeyush Sekhsaria, Françoise Semiramoth & Gilles Benistri + Françoise Donadieu, Jean-Sébastien Tacher, Ada Yu, Corinne Forget, Elie Blanchard & Emmanuel Mailly, Anita Fuchs & Resa Pernthaller, Julien Beauquel, Dessins Sans Papiers, Garde Robe et le CCNRB.

Coco Velten est le projet d’occupation temporaire des locaux de l’ancienne Direction des Routes rue Bernard du Bois à Marseille. Ce bâtiment de 4000m2 appartenant à l’Etat est en cours de rachat par la Ville de Marseille, une procédure qui devrait s’achever fin 2021. Plutôt que de laisser vacants ces espaces lumineux en plein cœur de ville, la Préfecture invite des acteurs de la société civile à y déployer un projet temporaire alliant des fonctions sociales, économiques et culturelles.

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Samedi 11 septembre 2021 à 18h dans la Halle de COCO VELTEN, je présenterai le projet OUVRAGES, FANTASMER LE MONDE dans le cadre de la saison culturelle pour la biodiversité VIVANT 2020

Ça sera l'aboutissement de 2 ans d'échanges avec les artistes et les sites qui nous accueillent. Un projet qui a été remodelé plusieurs fois afin de continuer à proposer un écho physique du Congrès Mondial de La Nature de L'UICN à Marseille. 

J'y développerai un questionnement sur ce que peut évoquer l'idée de "faire ouvrage" et j'y présenterai les projets contenus virtuellement dans le portfolio de l'exposition physique initialement prévue. Cette exposition devait s'accompagner d'un rdv pour chaque artiste, rdv avec un•e invité•e qui travaille avec elle ou lui et montrer l'écologie des échanges entre les terrains, les ateliers et les ouvrages.

Un projet art & science mais aussi une écologie sensible, sociale; une cyclicité inspirante. Une exploration dans les parties fantasmées et/ou informées des projets artistiques et comment ceux-ci, avec ou sans part didactique, peuvent permettre une iconographie sensible qui nous aide à nous accorder avec notre environnement, régule parfois nos émotions et parfois nos besoins d'accomplissement, ou encore de rencontre.

Ça sera également assez frustrant car la plupart des projets seront simplement présentés avec une photo, ou une vidéo, un texte que je lirai. Ça sera davantage l’amorce d'une curiosité, une idée livrée à votre curiosité. Une vingtaine d'artistes et collectifs sont attachés à l'événement avec parfois des projets qui se sont arrêtés ou qui ont bifurqué dans un contexte qui a mis à l'épreuve nos habitudes de faire ou de penser.

Ce changement de format nous permet aussi de questionner la manière de "faire monstration" et de se poser la question des limites de l’expérience physique dans un questionnement d' écologie global. 

Au plaisir de vous y voir donc...

Amitiés
Noémie Sauve
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Programme à Coco Velten :
› Jeudi 9 septembre 
🎥à 17h et à 19h : Projection « La montée des eaux » de Katrin Backes et Sylvain Tanquerel (durée 30min) sur réservation : programmation@cocovelten.org › Cabanon sur le toit
› Vendredi 10 septembre 
🎥à 17h et à 19h : Projection « La montée des eaux » de @Katrin Backes et Sylvain Tanquerel (durée 30min) sur réservation : programmation@cocovelten.org › Cabanon sur le toit
› Samedi 11 septembre
☁️14h - 16h : Atelier pour jeune public (à partir de 6 ans) sur le thème « Exercices paréidoliques » avec Katrin Backes & Sylvain Tanquerel, sur réservation : programmation@cocovelten.org › Ilot Velten
🎥14h - 18h : Projection Françoise Semiramoth & Gilles Benistri et Françoise Donadieu › Cabanon sur le toit
🌱16h - 18h : Rend Potage - Rempotage avec Thierry Boutonnier › Toit Jardin 
🔈18h00 - 20h30 : Présentation et discussion du projet avec les artistes › La Halle
🎥20h30 - 21h : Projection « La montée des eaux » de Katrin Backes et Sylvain Tanquerel (durée 30min) › Cabanon sur le toit

COCO VELTEN
Informations pratiques
→ Entrée libre et gratuite
→ Les bénéfices du bar permettent au projet Coco Velten d’exister, merci !
Coco Velten c’est :
→ Des espaces ouverts aux publics qui proposent une programmation culturelle et artistique gratuite et accessible à tous
→ 40 structures qui ont pris place dans les ateliers bureaux
→ Une résidence sociale de 80 places pour des personnes en recherche d’un logement durable
 C'est où ?
16 Rue Bernard du Bois
13001 Marseille
Entrée par le coeur d'îlot Velten
Métro : Jules Guesde - ligne 2
Tramway : Belsunce Alcazar ou Sadi Carnot - ligne T2 et T3
Station Levélo la plus proche :
n°2240 - Boulevard des Dames

n°1301 - Place des Marseillaises


lundi 9 août 2021

Le Monde Sinon Rien


La Biennale Internationale Design Saint-Étienne 2021 sur le thème des Bifurcations, a été, pour cause de pandémie du Covid, reportée d’un an. Elle se déroulera en 2022, du 6 avril au 31 juillet.

Le monde, sinon rien
Rêver, apprendre, renouer

Commissariat : École supérieure d’art et design de Saint-Étienne + CRI, Université de Paris
Benjamin Graindorge et Sophie Pène

Marguerite Benony, commissaire assistante
Marion Fraboulet, chargée d’exposition
Jeanne Bonnel, édition de contenus et médiation scientifique

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L’histoire du Monde sinon rien commence avec Le Champignon de la fin du monde, d’Anna Tsing. Celle-ci raconte l’histoire du Matsutake, un champignon disparu au Japon, alors qu’il y est essentiel à la culture gastronomique. Le Matsutake a réapparu dans les forêts de l’Oregon, si meurtries par les incendies et les pollutions qu’elles semblaient stériles. Sa cueillette fait désormais vivre des communautés marginalisées, qui ont su agencer un fructueux marché mondialisé. Anna Tsing expose un « art de vivre dans les ruines du capitalisme », art qui donne son sous-titre au livre, en montrant que des mondes abîmés s’enchevêtrent à des mondes fertiles, ce qu’elle nomme la « diversité contaminée ». Elle se fait aussi le chantre d’une science des nouveaux récits, récits complexes qui donnent le détail attentif d’enquêtes sur les formes de vie, et se révèle la science qui préservera la planète, en instaurant un dialogue inter-espèces.

Le champignon de la fin du monde est devenu notre repère pour décrire les mondes des écoles. Ceux-ci sont encombrés de vestiges, et sont pourtant des lieux de vitalité. La jeunesse qui s’étonne, s’impatiente et se révolte contre l’inertie des pouvoirs, des industries, des systèmes sociaux, face aux menaces sur le vivant, est celle qui vit aujourd’hui dans les écoles. Ces écoles invoquent toutes les besoins de création, et d’inventivité, et pas seulement les écoles d’art et design, également les écoles de sciences, d’industries, de politique et d’administration. Cependant la reproduction l’emporte sur la création. Les étudiants sont face à un dilemme. Ils ne se reconnaissent pas toujours dans les apprentissages qu’on leur assigne, mais ils s’en accommodent, en sont curieux et savent les tisser avec leurs programmes personnels. Cependant ils cherchent des voies nouvelles et les écoles, et les laboratoires, abritent leurs créations. Le Monde sinon rien a entrepris de décrire la « diversité contaminée » des écoles et laboratoires, la combinaison des vestiges et des renouveaux, sous la forme des projets de jeunes chercheurs et créateurs. Les productions des écoles s’y présentent comme de nouveaux objets, porteurs de récits qui rapportent des enquêtes scientifiques et artistiques sur des mondes en gestation que nous ne pouvons parfois pas encore percevoir.


Pour accompagner ces projets, prototypes scientifiques, laboratoires participatifs, installations artistiques, films, tableaux, nous avons mis en place le cadre de pensée qui anime un domaine de la transformation écologique, la philosophie du vivant. Donna Haraway, philosophe, éthologue, biologiste, anthropologue, propose aux humains de renouer avec les autres espèces, qu’elle appelle « les terrestres » en leur portant attention. Cela opère un replacement de l’espèce humaine au milieu des autres espèces. Une juste place, et une attitude compréhensive et esthétique, en découlent, qui modifient toutes les relations, y compris inter-humaines. A la suite des écrits fondateurs de Donna Haraway, mais aussi de Bruno Latour et Isabelle Stengers, et bien sûr Anna Tsing, une génération d’auteurs, dont beaucoup de langue française, enrichit cette science des récits. On trouvera ici de larges extraits de Baptiste Morizot qui écrit sur le pistage des loups, de Vinciane Despret, qui décrit de conserve les sociétés des oiseaux et les sociétés savantes qui les étudient. Grâce au travail créatif de l’ESADSE et du CRI pour ce double numérique d’une « exposition-qui-existe- mais-n’a-pas-eu-lieu », ces très beaux textes sont installés comme des objets matériels, graphiques et sonores, et accompagnent le visiteur dans la découverte des travaux que Le Monde sinon rien soumet à la discussion.


L’exposition invite à vivre les étapes d’une enquête. Au départ il y a la question de ce qu’est un territoire, un lieu où l’on vit et dont on dépend. Ensuite il y a les façons multiples de le ressentir, de l’éprouver, d’en être ému, ce que nous avons nommé la sensibilité. Puis arrivent les solutions pour le dessiner, le modéliser, le rendre visible, ce que nous appelons, d’après Vinciane Despret, les polyphonies. Enfin les mondes enchevêtrés s’organisent. Il y faut des opérations qui définissent les coexistences, des négociations et médiations, que Baptiste Morizot nomme les diplomaties. Ainsi émerge le sujet du futur : qu’allons-nous faire ensemble de ces récits enchevêtrés ? Comment organiser le territoire futur ?

A ce stade de la réflexion collective qui anime sur une longue durée le dialogue entre le CRI, l’Esadse et la Cité du design, c’est cela que nous définissons comme les chemins d’apprentissage dont émergent les mondes en gestation, inconnus, non perçus, mondes qui offrent à la jeunesse créative des chemins praticables de réinvention. Cette première version de notre Monde sinon rien, numérique, est un appel aux diplomaties : nous aimerions que les écoles de création, qu’elles soient en sciences, en art, en design, en ingénierie, en politique, rejoignent ce territoire qui s’offre, et inventent ainsi le Bauhaus de l’Anthropocène, ou du Chtulucène si l’on veut bien parler comme Donna Haraway, le territoire-réseau des écoles de notre modernité. De ces négociations, concrétisées par de nouveaux projets, sortiront d’autres contenus, qui enrichiront une seconde version du Monde sinon rien numérique.


Pour finir cette présentation des projets, il nous faut dire qu’une œuvre artistique est le nœud qui fait tenir Le Monde sinon rien, celle de Noémie Sauve, qui fait métier de dessiner le vivant, et s’y emploie en s’engageant dans des expéditions d’écologie scientifique, avec le vaisseau Tara en 2017, pour faire exister les coraux, et matérialiser dans des sculptures notre interdépendance avec ces petits vivants, dans les îles éoliennes, en 2021, pour dessiner les vivants des mondes volcaniques. Présente dans toutes nos interprétations, Noémie Sauve sera l’artiste invitée de l’exposition physique de la Biennale 2022. La clarté de sa démarche éclaire nos récits enchevêtrés. Depuis les premières explorations jusqu’à la proposition d’un territoire virtuel, elle a offert aux étudiants qui font cette exposition le récit de sa propre vie et expérience artistique. Cela nous permet de constituer l’exposition comme un commun qui peut circuler, se transformer, et réapparaître, approprié par d’autres territoires et communautés .


Sophie Pène

co-commissaire 

mai 2021

jeudi 5 août 2021

5->30 juin 2021 résidence "The Possible Island" à Vulcano / Îles Éoliennes / Sicile


prise d'empreinte d'une bombe volcanique, Vulcano, juin 2021

dessin d'observation, Vulcano, juin 2021

Angelo Ferlazzo
"Studio Pedo-Agronomico dei terreni dell'Isola di Vulcano"
Facolta di Agraria dell'università di Palermo. 1959

The Possibile Island est une association italo-française qui du 6 au 30 Juin 2021 a organisé sa première résidence d’art et science sur l'île de Vulcano, dans les îles éoliennes en Sicile. Nous considérons l'île comme un prototype, un territoire idéal d'expérimentation, un continent à l'échelle de l'individu. Ce projet culturel est né du désir d'une rencontre entre artistes, et scientifiques pour une valorisation du patrimoine artistique et naturel de tous les territoires insulaires, sans en oublier les enjeux écologiques.

Avec le patronage de de la commission nationale italienne pour l’UNESCO et le support du programme de geoheritage pour la résilience Unesco IGCP 692 ainsi que de l’Agence Nationale de la Recherche ANR DIRE et de l’Université de Clermont Ferrand Auvergne, avec la galerie d’art contemporain Eric Mouchet à Paris, en partenariat avec les institutions locales comme l’Institut National de Géologie et de Vulcanologie de Palerme, le Centre Station Zoologique Anton Dohrn (SZN) de Messine et ses biologistes marins, l’association Vulcaniamo et la commune de Lipari, une trentaine d’artistes et scientifiques internationaux ont collaboré pour une programmation à la découverte de la nature et à la rencontre de la population. 

The Possible Island

Cécile Genovese fondatrice, Léo Marin curateur, Muriel Marasti chef de projet média et communication, Francesca Sabatini mécénat & partenariats, Daniele Bellonio directeur de la communication.


prise d'empreinte d'une bombe volcanique, Vulcano, juin 2021


LA MER MÉDITERRANÉE

La Sicile est située au centre de la mer Méditerranée. Les îles Éoliennes, au nord de la Sicile, sont nées là où la plaque africaine chevauche la plaque eurasienne. Cet archipel est l’un des derniers vestiges d’un écosystème marin en voie de disparition, un échantillon de la situation Méditerranéenne, sismique et biologique.


L’ÎLE

Vulcano est une île de 20 km2 située à 40 km au nord de la Sicile, environ 700 personnes y vivent à l’année. L’origine de son nom découle de l’ancien dieu Vulcain. Née il y a environ 125 000 ans, l’île actuelle est le résultat d’une succession d’événements volcaniques qui ont marqué l’histoire de la géologie. Vulcano a aussi été le théâtre du premier film sous-marin de l’histoire du cinéma, présenté au Festival de Cannes en 1947 : «Chasseurs sous-marins », produit par Panaria Film. Aujourd’hui, des institutions comme le INGV (Istituto Nazionale di Geologia e Vulcanologia ) et l’ AIPF ( Aeolian Island Preservation Fund), se sont engagées à prendre soin et à préserver cette réserve naturelle inscrite au patrimoine de l’Unesco.

Pour la résidence The Possible Island, je prenais prétexte de l’influence du volcan sur l’agriculture et sur la biodiversité marine pour avancer dans ce monument intimidant qu’est Vulcano, une des îles volcaniques qui ont rendu possible la vie terrestre. Comment le volcan incarne « création » et « destruction », « fertilité » et « toxicité », et comment il devient un refuge unique, particulier? (…) En trame de fond, l’eau, le feu.

Deux protagonistes permanents qui ne se font jamais oublier. J’ai ensuite pu accompagner des scientifiques géologues et vulcanologues, étudiants ou professionnels du Laboratoire Magmas et Volcans de Clermont Ferrand afin de découvrir des protocoles d’observations propres à l’approche d’un volcan unique. Mais aussi ce que ce type de connaissances et de savoir-faire apporte dans des enjeux contemporains sociaux, économiques et politiques. (…) Voir des lignes, des sols, des couleurs différemment et connecter « esthétique » et « information ». Une dynamique spontanée forte figée

dans un paysage, qui semble immobilisé et calme. Pourtant « les montagnes grandissent encore ». Noémie


dessin d'observation, Vulcano, juin 2021


empreintes de bombes volcaniques sur papier de soie, Vulcano, juin 2021


oxydation des sculptures en bronze dans les fumerolles de soufre de Vulcano, juin 2021

sable noir volcanique, Vulcano, juin 2021

sable noir volcanique, Vulcano, juin 2021

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TERRA VULCANICA

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FILM


 Terra Vulcanica
un projet video de Noémie Sauve 

réalisé par Giovanni Federico e Peppe Lotta 


images extraites de la vidéo

© NoémieSauve / Géopatrimoine pour la Résilience (UNESCO IGCP 692) / The Possible Island

Résidence Écologique d’Art et Science - Île de Vulcano


TERRA VULCANICA: carnet d'enquête d'une semaine de l'artiste Noémie Sauve à son arrivée à Vulcano pendant sa résidence "The Possible Island », ce film est une amorce de réflexion artistique imprégnée de documentation vivante sur l'influence du volcan sur l'agriculture de l'île. Entre fertilité abondante et toxicité apparente, les images opposées se superposent pourtant dans un même paysage. Cette unité forte est typique de l'insularité et des sites géologiques marqués. Ces caractères sont concentrés ici dans des quotidiens qui, bien qu'empreints de la mémoire vivante d'une activité latente et permanente dans les îles éoliennes se trouvent tranquillisés par une qualité de vie envoutante. Les geysers sous-marins et les fumerolles guettent, romantiquement, un désastre qui pour l'instant, met les bombes volcaniques de côté pour labourer des saveurs extraordinaires et résistantes.

Angelo Ferlazzo

Antonina Scaffidi

Giuseppina Abbondanza

Giuseppe Livio

Eleonora e Guido Abbondanza





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ci-dessous
photographies argentiques @VULCANO @Noémie Sauve #ThePossibleIsland
photos couleur = développement croisé
juin 2021




















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URGENCE DE RALENTIR 

THE POSSIBLE ISLAND

SOLSTICE
CCNRB


juin 2021

extraits

(...) Il y a un phénomène qui est assez impressionnant ici quand on arrive en bas, là où les habitations dépendent de l'eau des puits, toute l’eau qui est tirée du sol peut monter à 30 degrés, 40 degrés, 50 degrés! Parce-qu’elle est chauffée par la terre, par le volcan. Dès qu’on utilise l’eau, ce conducteur un peu magique du vivant, elle est toujours chaude, là aussi on est dans une ambiguïté entre fertilisation et en même temps quelque chose qui peut détruire par sa chaleur (...). Donc ici il y a tout un système de cuves, sous les maisons, qui refroidissent l’eau, les unes derrière les autres, pour pouvoir l'utiliser. Grâce à ma rencontre avec quelques pratiques agricoles de l'île, on se rend d'autant plus compte de son rôle global, de l'identité "tampon, qu'est l'eau, mais aussi d'autres espèces de marqueurs de fragilité et de force, comme ça. De quelque chose qui a besoin de cette eau, et en même temps il faut se méfier de cette eau qui peut brûler, donc, j’ai tiré ce fil là quoi, qui tirait aussi par l’agriculture le fil des sociétés qui mangent, des trésors qu’on découvre en bêchant, parce-que le volcan c’est forcément des trésors, des fossiles, des cristallisations. Il y a de la terre qui bout, il y a l’eau qui bout, il y a la pierre qui bout, tout bout en fait ici, tout ce qui est invisible dans mon quotidien, ici ça se cristallise à Vulcano. Et on a envie de méditer sur les failles, les failles qui remontent, le magma qui descend, qui remonte, qui s’extrait de la roche; la roche qui a déjà séché, celle qui n’a pas encore séché, la plus petite pierre est déjà un indice du monde.(...)